Les instruments utilisés en Capoeira Régional et Angola

Issue des peuples africains qui étaient esclaves sur les terres brésiliennes, la capoeira est une danse et un art martial pratiqué en musique, accompagné de chants et de claquements de mains. Toutes les parties du corps sont sollicitées, surtout les pieds. Son côté ludique et très acrobatique permettait aux adeptes de s’y adonner sans craindre les représailles des colons qui leur interdisaient les sports de combat. La capoeira était alors perçue comme un jeu et parfois même pratiquée pour le divertissement des maîtres esclavagistes.

Il y a beaucoup d’anecdotes intéressantes à découvrir sur l’histoire de la capoeira. On distingue par exemple deux styles distincts enseignés par les précurseurs que sont la Régional et l’Angola. Des instruments de musique très particuliers sont également utilisés pour accompagner et encourager les pratiquants de la capoeira.

Media Instruments Utilises Regional Capoeira Angola

La Capoeira Régional et Angola : quelles différences ?

La capoeira Régional et la capoeira Angola sont deux écoles et deux philosophies distinctes, initiées respectivement par les maîtres Pastinha et Bimba.

La capoeira Angola

Le style de capoeira dit Angola est celui qui s’inspire le plus des mouvements traditionnels initiés par les esclaves du Brésil. Son jeu est plus lent et des figures furtives sont réalisées près du sol ou debout. Elle se pratique avec une musique cadencée, organique et ritualisée. À la base, elle est accompagnée par une bateria (ensemble d’instruments de musique) complète de 8 différents instruments, à savoir :

  • 3 berimbaus (gunga, medio et viola) ;
  • 2 pandeiros ;
  • 1 atabaque ;
  • 1 agôgô ;
  • 1 rêco-rêco.

Le terme “Angola” utilisé pour désigner ce style de capoeira est dû au fait que les hommes noirs venus au Brésil en provenance d’Afrique étaient embarqués dans le port de Luanda (capitale de l’Angola). À leur arrivée, ils ont été appelés les “Noirs d’Angola”, peu importe leurs origines réelles.

La capoeira Régional

C’est aux alentours de 1930 que le maître Bimba créa la capoeira Régional. Pour faciliter l’apprentissage des nouveaux élèves, il créa des séquences d’enseignements et une véritable méthodologie.

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Le terme Régional est issu de “Luta regional baiana”, le nom donné par le maître Bimba à son style de capoeira. D’abord apprenti de la capoeira Angola, il développa ses propres mouvements en y ajoutant davantage de force et de nouveaux coups. Il s’inspire notamment de la Batuque, une lutte africaine pratiquée par son père.

La capoeira Regional utilise traditionnellement les mêmes instruments que maître Bimba lors d’une roda :

  • 1 berimbau
  • 2 pandeiros

Certains groupe de capoeira utilises la configuration suivante:

  • 3 berimbaus (gunga, medio et viola) ;
  • 2 pandeiros ;
  • 1 atabaque ;

La capoeira Régional se caractérise par des mouvements incontournables que sont les projections (quedas), les coups de tête (cabeçadas) et les balayages (rasteiras). Ses jeux sont généralement plus rapides, avec des coups plus objectifs et des systèmes d’attaque et de défense.

Img Instruments Utilises

Les instruments de musiques pour la pratique de la capoeira Regional et Angola

De nombreux instruments sont utilisés dans la pratique de la capoeira. Ils permettent de donner le rythme et de stimuler la motivation des pratiquants de cette danse.

Le berimbau

Berimbau Capoeira Rodacapoeira 3

Instrument de musique ayant la forme d’un arc, le berimbau possède une corde unique et dispose de 4 notes différentes. Dans un jeu de capoeira, on distingue le berimbau gunga, le berimbau medio et berimbau viola ayant chacun des tailles différentes. Il s’agit des instruments qui composent la mélodie principale de la musique de la capoeira.

Le berimbau est d’origine africaine, utilisé traditionnellement par les peuples Kambas. Il aurait été ramené au Brésil par les Portugais au même moment que les esclaves, car il n’existe aucune trace de cet instrument arqué dans la culture autochtone locale. Son nom est un dérivé de l’appellation de la guimbarde en portugais et en espagnol. On retrouve aussi des variétés berimbau chez les populations de l’Océan Indien où il est appelé bobre à la Réunion, bomb à l’île Maurice et aux Seychelles, bon à Rodrigues, chitende au Mozambique et jejylava à Madagascar.

Le pandeiro

Pandeiro Capoeira Rodacapoeira 2

Le pandeiro est un instrument de percussion. Il se présente sous la forme d’un tambourin recouvert d’une peau fine, avec des cymbalettes disposées sur ses bordures. Cousin du pandero européen, cet instrument se distingue du tambourin classique, car il possède une seule rangée de cymbalettes. Importé par les Portugais, il serait dérivé du tar arabo-andalou, un tambour sur cadre retrouvé en Espagne, au Moyen-Orient ainsi qu’au Maghreb.

Le pandeiro produit une sonorité très riche, caractérisée par un ton chaud, sec et cristallin. Bien réalisé et habilement joué, il reproduit tous les sons de la section rythmique. Après le berimbau, c’est le deuxième instrument de la capoeira, en termes de domination et d’importance. Le pandeiro se retrouve dans plusieurs autres formes de musique brésilienne comme la samba, le choro et le coco.

Cet instrument de capoeira est tenu à une main, les doigts de celle-ci contrôlant la tension de la peau pour modifier son timbre, tandis que l’autre main frappe à divers endroits pour former les notes.

L’atabaque

Atabaque Capoeira Rodacapoeira

L’atabaque est un instrument de percussion intervenant dans plusieurs formes musicales au nord-est du Brésil. C’est un long tambour de forme conique, composé de plusieurs bandes de bois exotique qui sont resserrées les unes contre les autres. Pour sa fabrication, on utilise les bois comme le cèdre ou l’acajou taillés en bandes larges qui tiennent grâce à des arcs de fer de différents diamètres. Ce sont ces derniers qui donnent à l’atabaque sa forme conique ou cylindrique. Sa fabrication est semblable aux tonneaux européens de l’époque, avec une peau de bœuf tendue au sommet et maintenue par des cordelettes.

Il existe plusieurs formes d’atabaque, mais un seul instrument est utilisé dans la capoeira. C’est d’ailleurs l’un des premiers instruments de cet art martial. Placé juste du côté gauche du gunga, il est joué pour accompagner le son des berimbaus, en maintenant le rythme du jeu, et non pas pour les dominer.

Pour jouer de cet instrument, il faut là encore frapper la peau avec les mains (doigts et paume).

L’agogô

Agogo Capoeira Rodacapoeira

Également appelé gongué, l’agogô est un instrument de percussion idiophone d’origine africaine. Il se compose d’une ou plusieurs cloches en métal ou en bois qui sont reliées entre elles et jouées avec une baguette.

Le nom agogô est dérivé de akokô en langue nagô, qui veut dire l’horloge ou le temps : l’instrument servait initialement à indiquer le tempo. Dans la capoeira, l’agogô doit être en phase avec le pandeiro et l’atabaque. Lorsqu’il est joué au mauvais moment, cela se remarque et peut être distrayant.

Tenu d’une main au niveau de son anse afin d’en assourdir le son, cet instrument est frappé avec la baguette en fonction du rythme désiré.

Le rêco-rêco

Reco Reco Capoeira Rodacapoeira

Le rêco-rêco est un instrument de la famille des racles. Il sert à l’accompagnement de la capoeira, plus précisément la Capoeira Angola. C’est un morceau de bois taillé en dents de scie qui est frotté à l’aide d’une baguette.

Cet instrument de capoeira est tenu avec une main, tandis que l’autre main effectue des allers-retours sur les stries du bois en respectant le rythme de la bateria.

Dans une roda de capoeira, tous les instruments doivent se compléter et aucun d’eux ne doit être joué plus fort que le berimbau.

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